En direct de là où je suis. Un jour, une photo depuis mon retour de Santo Domingo

mardi 27 mai 2008

Amsterdam Caraïbe



Bonaire, ce sont les Antilles Néerlandaises. Un endroit où il fait chaud, il y a du vent, on parle hollandais, on mange mal et on boit de la Heineken.
Les Antilles Néerlandaises, ce sont trois îles, Aruba, Curaçao et Bonaire, plus la moitié d’une, Saint Martin. Les trois premières sont situées à une cinquantaine de miles des côtes Vénézuéliennes. J’ai passé deux jours et demi sur Bonaire, visiblement la moins touristique des îles.

C'est un caillou sec peuplé de bush et de marais salants. Le sud est pelé, caillouteux et balayé par le vent. Il s'y trouve une lagune exposée aux vents, Lac Bay : Une grande étendue de profondeur d'aileron avec de l'eau chaude. Ce lac est un sanctuaire pour les tortues. Le Windsurf y est autorisé mais pas le Kitesurf. La raison invoquée est le fait que ce soit un parc naturel. Donc, le Kitesurf est plus destructeur que le Windsurf ? Bizarre.
En tout cas, c'est l'overdose assurée. Un plan d'eau splendide, des conditions de rêve pour une navigation sans limite.



Le nord de l'île est presque valonné. C'est du bush avec plein de chèvres dedans, un lac avec des flamands roses, un sanctuaire pour les ânes. Ces aimables petites bêtes se trouvent sur toute l'île. Pas farouches du tout, elles viennent voir qui s'intéresse à leur sort. On y voit beaucoup d'iguanes. Ils font le lézard sur la route et un certain nombre s'en trouve transformés en carpettes. La plupart filent dés l'arrivée de la voiture. Ils vont vite et sont vraiment gros. Faisant leur sieste dans les cocotiers, ils n'hésitent pas à venir vous intimider si vous vous montrez trop curieux. Moins sympa que les ânes mais ça se mange aussi : paté pour les premiers, soupe pour le second.



La ville principale au nom totalement imprononçable, 'Kralendijk', est essentiellement blanche, le village du nord, 'Rincon' essentiellement noir. On retrouve l'habitude des hollandais à ranger les hommes et les choses suivant leur caractéristiques principales. Ca a donné l'apartheid en d'autre lieu. Les hollandais du lieu parlent hollandais et anglais. C'est assez facile pour l'anglais, le hollandais m'est définitivement étranger. Les locaux parlent anglais, hollandais, papimiento et espagnol. Le papimiento est un doux mélange de créole et d'espagnol avec un accent qui rappelle le Brésil. Parlé lentement, il est compréhensible aux oreilles habituées à l'espagnol des caraïbes.

A demain, peut-être.

jeudi 22 mai 2008

En mai, fait ce qu’il te plait


Les rues de Santo Domingo ne sont pas forcément sures. J’en ai croisé un exemple hier. Un automobiliste téléphonait au volant de son 4x4 toutes fenêtres ouvertes dans les embouteillages. Un motocycliste s’arrête à sa hauteur, lui chipe le téléphone et fiche le camp. L’automobiliste sort de sa voiture un pistolet à la main et… heureusement pour tout le monde, le motocycliste avait pu fuir.

On peut tirer plusieurs conclusions. La première confirme qu’il est dangereux de téléphoner au volant sans kit main libre mais pas forcément pour le conducteur ou ces voisins directs. Si le motocycliste avait été à porté de feu, le brave conducteur aurait joyeusement vidé son chargeur dans la rue. La deuxième, c’est qu’à Santo Domingo, personne n’hésitera à abattre un voleur de téléphone mobile s’il est à portée de tir. Ça fait réfléchir non ?

Le responsable de la sécurité de la société pour laquelle je travail ici envoie à tous les nouveaux arrivant un document intéressant. Seraient-ce les consignes de sécurité pour la visite de Georges Bush à Téhéran ? La visite du Pape en Irak ? La sortie de prison de Dutroux à Bruxelles ? Pas du tout, ce sont les recommandations pour se promener sur les trottoirs de la capitale de la République Dominicaine. De la zone de sécurité qui doit être de vingt mètres autour du promeneur à la position de la voiture dans les embouteillages, tout y passe sur la trentaine de pages. Mais il n’est jamais décrit comment se comporter quand un dominicain qui vient de se faire voler quelque chose ouvre le feu. Moi je sais: se coucher à plat ventre et mettre les mains sur la tête en attendant la fin des hostilités. Je rigole, enfin pas trop quand même.

A dimanche, peut-être, c'est loin les Antilles néerlandaises.

A ce sujet, la photo n'a pas été prise à Amsterdam mais dans l'aéroport de Curaçao. Le duty free de fromage !

mercredi 21 mai 2008

Pourquoi faut-il interdire André Rieu ?


Chaque matin, je descends prendre le petit déjeuner dans mon Aparthotel. Le lieu est convivial et le petit déjeuner normal, sans plus. On est loin des frasques de l’hôtel Santo Domingo avec le cuisinier dédié à la cuisson des œufs, le café dans la tasse par anticipation, les montagnes de pain, de croissants, de fruits, etc. Ici, le buffet est réduit au presque minimum mais les risques d’hyperglycémie sont largement accrus. En effet, les gérants du Plaza Florida se sont mis en tête que prendre le petit déjeuner en musique était beaucoup plus agréable que dans le silence assourdissant des mandibules broyant les toasts. Peut-être à cause de la manie qu’avaient certains de remonter dans leurs chambres pour se faire la gueule tout seul devant la tasse de café. Bref, c’est dans la plus grande tradition du ‘easy listening’ politiquement correcte que nous avons droit tous les matins à André Rieu ou un de ces supos. Dés les premiers accords de la trois millième reprise de ‘Ne ma quitte pas’, on se rend compte que ce n’était pas la peine de mettre du miel sur la tartine, il en dégouline tellement de la horde de violons qui suinte par les hauts parleurs. Excellent pour le régime alimentaire, les glucides absorbés par les oreilles n’ont aucune influence sur le taux de triglycéride, cette ‘musique’ l’est moins pour la sociabilité du lieu ni pour les nerfs de l’auteur de ces lignes. Elle permet en effet à chacun de se cacher derrière pour boire son café et lire son journal. Le cocon de l’individualisme se tisse-t-il avec de la musique d’ascenseur ? Elle permet aussi à ces sous musiciens de mener des vies de stars. Le triomphe du mauvais goût. Il parait difficilement envisageable que quelqu’un de normalement constitué ait un jour acheté consciemment pareil disque. Ces musiciens sont à la musique les canevas de caniches brodés sont à la peinture : un sous extrait d’ersatz.
Il y en a tellement qui font du ‘easy listening’ de choses beaucoup plus amusante : Jet, SUM41, Nirvana, Red Hot Chilli Peppers. Ou alors, je n’aurai rien contre de la musique caraïbe autre que le Merengue ou le Reaggetown, cela va de soit. Pour digérer la grosse caisse du matin à 140 au métronome à 120db, il faut avoir l’estomac bien accroché.
A demain…

Circulez, il n'y a plus rien à voir


Passé le scrutin, c'est impressionnant, les affiches disparaissent très vite du paysage. Qui reste sublime, surtout dans la montagne. Les élections se donc bien passées, il n'y a eu que trois ou quatre morts. Il y a eu aussi quelques scènes qui seraient mémorables n'importe où ailleurs. Par exemple, ce député de la majorité qui tombe sur son adversaire dans un bureau de vote et qui ne trouve rien de mieux à faire que de sortir son pistolet et d'ouvrir le feu. Amusant comme méthode de sélection politique. Les cartouches dans les urnes. Je comprends maintenant pourquoi il y avait autant de monde autour des bureaux de votes, c'est comme l'arène pour les combats de coqs. Des fois qu'il se passe quelque chose, il ne faut surtout pas le louper.
J'aurais plutôt tendance à éviter ce type de situation avec moi dedans. Plus on est loin des balles, moins elles ont de chance de nous atteindre.
Le résultat est connu, et le perdant, Miguel Vargas, qui perd avec les honneurs puisqu'il fait beaucoup mieux que ne le prédisaient les sondages, a quand même fait une charge sur l'utilisation des fonds publiques pour la campagne du candidat sortant. Si la loi du pays le permet, il n'y a rien à dire. Moi, ça ne me rappelle pas du tout le ministre de l'intérieur d'un pays européen qui profitait de ces déplacements professionnels pour placer un petit meeting. Ça fait des économies d'échelles.
En photo, la route de Moca à Sabaneta. Je ne m'en lasse pas.
A demain peut-être...

lundi 19 mai 2008

Tout comme prévu

C'est avec quasi 54% des voix que le président sortant à été ré élu à la tête de la République Dominicaine. C'est ce que donnaient les sondages. Épatant non ?
Qui vivra verra.
Pour débuter en Kite Surf, il faut un harnais culotte ! Sinon, on se noie. C'est ce qui a faillit m'arriver samedi. Et selon d'autres sources, c'est un classique, quand on est pas taillé comme Arnold ou Sylverster, le harnais ceinture finit par remonter sous les bras et compriment la poitrine. Très désagréable. Aujourd'hui, premiers bords avec un harnais ceinture, c'était le pied. Ni plus, ni moins.
A demain, peut-être...

samedi 17 mai 2008

Kite Surf Report


Il y en a qui vont trouver ça lourd : "tu passe ton temps à Cabarete !". Ben oui, en partie, quand il est prévu qu'il y ai du vent. C'est promis, le week-end prochain qui en prolongé, Corpus Cristi oblige, je ne vais pas à Cabarete. Même s'il y a du vent. Je vous laisserai la surprise. De toute manière, je ramènerai des photos énervantes.
L'aller en voiture était top : la route de Moca est achevée pour les élections, comme prévu et en dehors des abords des bureaux de vote, c'était tranquille. Car les bureaux de vote sont visiblement soumis à des sièges.
La mer aujourd'hui, c'était lessiveuse grand modèle : shore break de deux mètres et vagues de la même taille un peu derrière. Autant vous dire que mon niveau de surf ne me permet pas d'approcher ces trucs sans être violemment rejeté vers le rivage avec moultes rencontre avec le sable. Pas hyper agréable mais très rigolo. Ensuite, première leçon de Kite Surf... On boit beaucoup d'eau de mer mais pas de bobo. Les sensations sont amusantes. C'était bien. Demain, normalement, je navigue. Je vous raconterai en même temps que les résultats des élections qui tombent cette nuit, si les ordinateurs ne se trompent pas.
A demain...

jeudi 15 mai 2008

Demain c'est votation


Ca y est, demain c’est le grand jour, les cinq millions et demi d’électeurs dominicains vont se diriger vers les bureaux vote pour élire leur nouveau président. Il y a de fortes chances pour qu’ils ré élisent le même. Aujourd'hui, Santo Domingo prend une apparence de ville en exode : embouteillages monstres et rues désertes. A l'image de ce garde de l'université qui descend les couleurs, tout le monde fout le camp. Hier, la campagne présidentielle s’achevait dans une manifestation monstrueuse du principal opposant : la ville était bloquée de midi à 21h.

De sources proches et lointaines du pouvoir, les manifestants sont payés, une grande partie en tout cas. On retrouve donc à peu près les mêmes, habillés en blanc le mercredi, en rouge le dimanche applaudissant untel ou untel en fonction de la provenance des Pesos. D’aucuns avancent des budgets de plusieurs millions de dollars par manifestation. De source plus proche des manifestants, une partie de ceux-ci reçoit un duplicata de papier d’identité et des pesos en échange de la vraie carte d’identité. Pourquoi faire ? Il semblerait que cela puisse permettre de voter deux fois. Cela dit, la capacité à faire descendre dans la rue n’a jamais eu de relation avec la capacité à attirer les bulletins de vote. Pour ce faire le président sortant a offert le jeudi après midi à tous les travailleurs du pays. Ce qui devrait permettre aux électeurs travaillants à Santo Domingo et votant à la campagne de pouvoir s'exprimer. La vente d’alcool est interdite à partir de jeudi midi et pourra reprendre trois heures après la fermeture des bureaux de vote, histoire de calmer les esprits pendant mais de permettre la fête après. Voilà pour la rue.

Les médias,

Hier soir, à la télévision dominicaine, 5 chaînes sur 8 passaient le meeting de clôture de campagne du président sortant. Depuis un bon mois, ces mêmes chaînes consomme le budget publicitaire du même président : l’intégralité de leur communication ‘commerciale’ lui est consacrée. Certaines ne passent même que ça. Il en est de même pour des chaînes de radio.

Comment écrire ça, en Europe, la démocratie c’est le choix entre plusieurs options politiques représentées par plusieurs personnages politiques. Peut-être avons-nous tord mais quand la communication se limite à un débat d’idée au singulier, et que l’image politique se limite à la photo du leader maximo le bras droit tendu vers le ciel, que ce soit par volonté totalitariste brutale ou par orientation ostensible du pouvoir, ça ressemble à un déni de démocratie. C’est ce que nous observons ici comme nous l’avons observé en Italie et nous commencerons à l’observer en France si le mouvement de concentration des médias abouti.

La votation

Les bulletins de votes sont de grands papiers quadrichromie A3 sur lesquels chaque parti politique détient une case avec la photo de son candidat. Les électeurs vont les cocher dans l’isoloir avant de les plier en douze pour les glisser dans l'urne. Puis, après la fermeture des bureaux de vote, les bulletins seront scannés et les résultats retransmis par réseau sans fils et recrachés une fois compilés par l’ordinateur central. Chaque parti présente un candidat, mais chaque candidat représente plusieurs partis, surtout le candidat sortant. Ce qui ne semble pas absurde à priori mais il faut chercher dans les 24 cases, les 12 cases qui ne concernent pas le candidat sortant pour voter autre chose.

De sources proches du pouvoir (ce coup là), la fraude électorale se situerai entre 10% et 15%. Difficile d’envisager un 49% 51% dans ces conditions.

L’argent de la campagne

Le budget officiel de la campagne est de 7 000 millions de pesos soit 140 millions d’Euros, tous candidats confondus. Budget officiel car il y a les budgets non officiels, comme la confusion entre communication d’état et la communication de campagne était totale (mes routes, elles sont pas belles mes routes? Et mon métro hein, tu ne trouve pas qu’il te fait plaisir mon métro?). Pour sept partis politiques, ça semble léger au regard de la durée de la campagne et du nombre de fêtes et meeting organisés par les uns et les autres.

La ‘junta electorale’ a débloquée 7 millions de pesos pour la gestion des bureaux de vote. Ici, les assesseurs sont payés par l’état, pas de bénévolat. Il y a 13 000 bureaux de vote soit un montant par bureau de vote de 538 pesos, une dizaine d'euros. Ca ne fait pas lourd de la journée.

Et après ?

Certains dominicains craignent que la ré élection de Fernandez Leonel ne laisse un goût amer et que l’ersatz de démocratie ne tourne en vrai dictature. Après le pouvoir économique et politique, il lui suffirait de ‘nettoyer’ le pouvoir judiciaire pour avoir place nette.

Une brève recherche dans mes moteurs WEB préférés indique que la presse occidentale se contrefiche de ces élections. Aucuns articles, aucune allusion, rien de rien de rien !

Les situations économique et politique du pays sont stables, qu’il y ait plus de morts par an dans Santo Domingo que dans les territoires occupé importe peu. La vitrine est belle, les plages aussi. Les investissements peuvent venir sur les côtes même si on manque d’eau potable dans les ‘barios’ de la capitale. Il faudra sans doute attendre le prochain ouragan pour que nos yeux humides et charitables se tournent vers une violence plus spectaculaire.

A demain…