En direct de là où je suis. Un jour, une photo depuis mon retour de Santo Domingo

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mardi 2 septembre 2008

Temps de traitement

L’expérience est probante. Rouler comme un dominicain dans Santo Domingo et ne pas avoir la tête d’un dominicain, c’est risquer d’être pris pour cible par la maréchaussée. C’est quoi rouler comme un dominicain, c’est faire fi des signaux lumineux, ne regarder que les autres automobilistes et les contrôleurs de trafic. Par exemple, pour tourner à droite s’il ne faut traverser aucune rue, il suffit d’attendre que personne ne vous en empêche, quelque soit la couleur du feu. Ce type de règle est complètement acceptée par les agents de police qui font la circulation.
Bon, lorsque j’ai failli en écraser un qui voulait me signalé que j’avais grillé le feu rouge, j’aurai pu être son cousin, je ne pense pas que cela aurait changé grand-chose. Il était plutôt fumasse. La pauvre cible me demande donc mon permis de conduire. Petite sueur froide de l’auteur auquel on a mainte fois répété qu’il ne faut jamais laisser l’original d’un papier officiel à un policier local. Heureusement, coté permis de conduire, j’ai des ressources inavouables. Je laisse donc le chargé de circulation me verbaliser et, contrairement à toutes les informations que l’on m’avait données, il me rend mes papiers avec un billet rose m’engageant à régler une somme indéterminée à l’équivalent de la préfecture locale.
Après enquête approfondie, et réflexion non moins approfondie, je me résous à ne rien faire du tout. Il y a quelques années, j’avais rencontré un consultant en logistique qu’une mission avait conduit au ministère de l’intérieur. Il était en charge de réduire les temps de traitement des contraventions. A l’époque, pas si lointaine, le temps minimum de relance d’une contravention était de six mois en France. Sachant que l’administration dominicaine ne doit pas être dans une phase d’optimisation mais plutôt de consolidation, et qu’il ne me restait plus que trois mois à passer dans le pays, les probabilités pour que je sois inquiété par le sujet étaient extrêmement faibles. De fait, je suis parti de république dominicaine avec le papier rose.
Le même type d’incident est arrivé à un collègue qui c’est débarrassé de l’affaire en payant quelques pesos au policier qui l’avait arrêté. Mais il ne faut pas le dire. Pour ma part, je n’ai jamais osé pas ce type de démarche.
A demain peut-être,

mercredi 23 juillet 2008

Leaving Santo Domingo


Ça va être compliqué pour moi, je ne suis plus à Saint Domingue et mon blog va continuer à vivre. Je change le sous-titre et le tour est joué.
En rentrant en France, c’est le choc culturel. Les douaniers mal aimables, la conduite respectueuse des codes, le silence, tout relatif certes.
« Les Hommes naissent libres et égaux en droit », c’est ce que raconte la déclaration universelle des droits de l’Homme. On parle de l’Homme en tant qu’espèce humaine ici, pas du macho de base.
Quand on rentre en Europe, il y a des contrôles à chaque pas. Je suis passé par Madrid. A Madrid, qui est dans l’espace Schengen, tout le monde est contrôlé, à la sortie de l’avion par la douane, avant la douane par la douane, à la douane par la douane. Puis, en prenant l’avion pour Paris, on est encore contrôlé par la douane, par la sécurité qui retire encore un ou deux objets coupant du sac, qui re contrôle que l’ordinateur portable n’est pas une bombe à neutron, des fois que ces pauvres contrôleurs Dominicain auraient fait leur boulot… Puis, à l’arrivée à Paris, nouveau contrôle à la sortie de l’avion par la douane, des fois que quelqu’un soit monté dans l’avion entre Madrid et Paris.
Là, dans un monde de productivité et de réalisme budgétaire, je me pose des questions.
Première hypothèse, la suppression des postes de douanes aux frontières intérieures a menacé de mettre sur la paille des milliers de douaniers auquel il fallait trouver une reconversion, les aéroports. Là, comme œuvre sociale, on ne discute pas le redéploiement des forces.
Deuxième hypothèse, nous sommes devenu cinglés et paranoïaques. Je pense, hélas que c’est la plus probable. A la sortie de l’avion de Saint Domingue, les dominicains et les haïtiens étaient mis à l’écart pour un contrôle plus poussé, « libre et égaux en droit » disait-on. Il est une période honnie ou des policiers et des militaires filtraient les mouvements de population dans toute l’Europe. On mettait ceux qui n’avaient pas de papiers en règle dans des camps. Ça s’appelait l’occupation et les filtres était fait par les troupes d’états totalitaires. Nous en sommes là. Les contrôles et les rafles sont des procédés d’état totalitaire. L’Europe est devenue une dictature sécuritaire dans laquelle les individus ne comptent plus. La nationalité du passeport est devenue l’Ausweiss. Quand la loi devient indigne, il faut la changer.
Troisième hypothèse, je n’ai rien compris au monde dans lequel je vis, chaque chose à se place, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. Bien sur !!! Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ?
A demain peut-être…

mercredi 16 juillet 2008

Aplatanado


A Santo Domingo, comme dans toute la République Dominicaine, si tu es blanc et que tu ne parles pas trop bien espagnol ou plutôt le dominicain, tu es un gringo. Peu importe que tu parles anglais, français ou danois, tu es un gringo. Le gringo est une source de revenu potentiellement importante pour les dominicains de basse extraction, un objectif de mode de vie pour les autres.
Le gringo qui vit en République Dominicaine peut, s’il reste trop longtemps et s’il goute au mode de vie local, devenir ‘aplatanado’, littéralement ‘embananisé’. Il écoute de la bachata, du reggaetown et du merengue, mange exclusivement du riz avec du poulet et des hamburgers, boit sa ‘Presidente’ en se baignant dans la mer des caraïbes, roule en 4x4 sans respecter la signalisation et en téléphonant.
C’est presque la description de notre leader maximo dit-donc !!! Sauf que la Carla elle ne chante ni bachata, ni reggaetown, ni merengue. Ce serait sans doute plus rigolo.
Tient, comme nous sommes de retour parenthésique sur le vieux continent, posons nous la question de la motivation de la première dame. C’est une question qui me trotte dans la tête depuis bien longtemps, pas seulement sur celle-là, aussi sur les maitresses des précédents présidents. Parce que vu de ma fenêtre, il y a plus sexy que les quinca-septuagénaires gouvernants. Le bon docteur Freud nous a dit que les deux choses qui motivent l’espèce humaines sont le sexe et l’argent. Il s’est gouré, au travers de l’argent, c’est le pouvoir qui motive. Les gens de pouvoir ont un sex-appeal particulier. Je ne goute pas, je constate.
La Carla, elle avait tout, ou presque. La célébrité, l’argent, une collection de conquêtes amoureuses impressionnantes. Que lui manquait-il pour se mettre à la colle avec notre leader maximo. Le pouvoir et peut-être une autre dimension de la célébrité : la légende comme Grace Kelly ou Lady Di. Pour ça, a mon avis, elle est mal partie. En terme de classe internationale, notre leader maximo tient plus de Louis De Funes que du Prince Reigner ou du Prince Charles. J’espère pour Carla que son destin ne sera pas aussi tragique que celui de ces modèles.
Pour une fois, la photo n'a rien a voir avec le texte. Il s'agit du cuisinier du restaurant de la page El Rincon.
A demain peut-être…

mercredi 9 juillet 2008

Ca prend l'eau


Aujourd’hui, il pleut. Encore une bonne pluie tropicale avec des nuages qui lancent des sceaux d’eau pendant que d’autres arrosent à la lance à incendie.

Les statistiques du jour donnent 32 à 8. Trente deux, c'est le nombre de victimes d’homicide à Santo Domingo pendant la dernière quinzaine, huit, c’est le nombre de policiers tués pendant la même période. On ne s’ennuie pas en Rép Dom. Une amie a conseillé, plutôt ordonné à ces enfants de ne pas s’attacher en voiture et de se jeter au sol dés son ordre.

A demain peut-être…

vendredi 4 juillet 2008

God Bless America


Hier soir, c’était soirée merengue au Coyote Club sur Paseo de los Locutores. C’est une boîte de nuit au décor Western qui passe de la musique des caraïbes. Le mélange des genres ne fait peur à personne. Mais le jeudi soir, il n’y a pas grand monde et après trois jours de sorties… En fait, on se sent vraiment mieux le lendemain d’un jogging et d’une bière que le lendemain de douze bières. Les gens semblent plus aimables, la musique coule doucement dans les oreilles, on peut se passer de Danko Jones pour se réveiller, Turin Brakes suffit. Et puis, je dois avoir une meilleure tête car mes collègues de bureau me disent bonjour. C’est meilleur pour le moral.


Aujourd’hui, chantons l’hymne américain car c’est la fête de l’indépendance. Comme le 27 février ici, en République Dominicaine. Il faut toujours des symboles pour unifier un pays, des boucs émissaires, des héros. Les plus vernis dans le rôle du bouc émissaire étant ceux qui ont eu le plus grand empire colonial… Et en plus, ils jouent au pied.


Je passe souvent devant les diverses ambassades de Santo Domingo. D’aucune reflète étonnamment l’image du pays qu’elle représente. L’ambassade de France est un superbe bâtiment ancien dans la cité coloniale, en face d’un excellent restaurant. Le choix ne semble pas anodin même s’il s’agit de la maison du tristement célèbre Hernan Cortès, oui, celui qui massacra les civilisations sud-américaines. L’ambassade d’Israël est un véritable bunker dans la zone des universités. On la remarque à peine tellement le bâtiment est bas. Un garde surveille l’entrée mais vue la tête du bâtiment, on voit mal comment on y entrerait sans y avoir été invité. Le garde, quoique sérieusement armé, en est la moindre des défenses. Le toit est couvert d’antenne. L’ambassade des Etats-Unis est un grand bâtiment plat qui me fait invariablement penser à une préfecture française avec sa file d’étrangers qui attendent pour un visa, une carte de séjour ou un tampon sur un document. L’ambassade d’Espagne ressemble à un château (en Espagne) grandiose et vide. Je n’ai pas vu s’il y avait une relève de la garde à l’ambassade de Grande Bretagne.


Tenir un blog c’est jeter une bouteille à la mer chaque matin. Je ne sais pas quelles sont mes motivations : exhibitionnisme, trop plein d’énergie, frustration, colère... Chaque matin j’ai comme une envie de d’écrire quelque chose, d’essayer de vous faire voyager, de vous amuser ou de vous faire réagir. Les commentaires sont chaque fois un encouragement et à ce titre, je tiens à remercier particulièrement Starbeuk pour celui d’hier.


A demain peut-être…

mercredi 2 juillet 2008

Whaou...


Je vous ai parlé de Manu, le sexe symbole du service finance. Il est venu en costume cravate aujourd’hui, provoquant un début d’émeute parmi la nombreuse gente féminine du dit service. On a presque été obligé d’appeler la sécurité. L’évènement a été fixé pour l’éternité par les appareils photos d’à peu près tout le monde. Il faut rappeler que la tenue de travail ici, c’est jean chemise et très rarement costar cravate.


Cela fait partie des us et coutumes locales. Par exemple, les anniversaires sont fêtés au bureau. L’employé qui aura vieilli d’un an verra son bureau décoré de ballons gonflables et de confettis. Chaque fois, je me dis qu’il faut beaucoup de rigueur dans ces célébrations, si quelqu’un est oublié, il va se sentir vraiment exclus.


Une autre coutume étrange : le baby shower. C’est une fête organisée pour les femmes enceintes sur le point de partir accouché. En fin de journée, une grosse pâtisserie dominicaine (Les pâtisseries dominicaine sont à peu près aussi appétissantes que les pâtisseries anglaises, Brrr) et des cadeaux. Tous ces petits évènements meubles la vie de l’open space. Management Mac Do.?


Les désordres dans l’hygiène de vie entrainent des désordres émotionnels. Hier, en lieu et place du jogging, c’était réunion jusqu’à 20h suivit d’apéritif dominicain à base de rhum avec régime dissocié pizza, sans glace. Rien que du bon, David Servan-Schreber condamnerait et il aurait raison. Aujourd’hui, la concentration est plus dure à trouver et surtout, le moindre dérangement la fait fuir à la vitesse de la lumière. Il faut trouver les ressources pour la maintenir en place. Les désordres émotionnels, c’est comme le Kite Surf, le Windsurf ou le rugby, se sont des sensations impressionnantes. Dire qu’il y en a qui se drogue pour ressentir ce genre d’effet.


A demain peut-être…

jeudi 26 juin 2008

Moussaka


Avant-hier, j’ai bien failli écraser un policier. Il faut dire que la circulation est tout à fait claire en République Dominicaine. Il y a des feux tricolores qu’une bonne partie de la population ne respecte pas. Il y a aussi des policiers chargés de faire la circulation aux mêmes carrefours. Quand il y a un policier, il ne faut pas regarder le feu tricolore sinon, il vous arrive ce qui m’est arrivé, je passe au vert légère tendance orange pour piler à 2cm du policier qui, du coup, était un peu furax. J’essaye de m’expliquer mais c’est une constante chez le flic de base, il a raison. De fait… Il me prend mon permis pour dresser un procès verbal comme on dit par chez nous, me coller une prune comme on dit aussi. On m’avait dit qu’il ne fallait jamais laisser un papier officiel à la police et, à ma grande surprise, il me rend tout ça et m’enjoint d’aller faire mes âneries un peu plus loin.
Pour une amende, il faut compter entre 500 et 800 pesos. Le bakchich que mon collègue a payé l’autre soir pour un feu grillé était de 500 pesos. Il ne devait pas être au courant des tarifs. Normalement, comme à Séville, il faut aller dans le bâtiment de l’administration du trafic, faire la queue à un guichet et payer après une petite demi journée de perdue. Ici, on m’a dit d’aller voir les agents de sécurité de la boutique qui se chargeront de m’encaisser. C’est pas beau la vie. La vraie question, c’est de savoir ce qui se passe si je ne paie pas. Serais-je retenu à la frontière ? L’agence de location de véhicules me fera-t-elle payer l’amende ? Irais-je en prison ? Dans le doute, je vais payer.
Mais pourquoi le titre ??? Parce que la moussaka d’hier soir était super bonne. Et ce n’est pas courant de manger une moussaka en République Dominicaine.
A demain peut-être…

mardi 17 juin 2008

Mets de l'huile


Un petit mot sur les huiles frelatées de nos amis de Lesieur (dépêche de Boursorama du mois dernier), mon Josébovisme sur le sujet vient sans doute du souvenir du millier de morts espagnols d’il y a une trentaine d’années. Plus personne ne se souvient de cet épisode épouvantable où, comme dans le cas présent, un groupe agroalimentaire avait jugé bon d’écouler des huiles industrielles dans de l’huile d’olive. Pas beaucoup, juste un pourcentage raisonnable, raisonnablement important pour tuer des pauvres crétins qui n’y pensaient même pas. Lesieur, c’est bien ! Danton disait donc vrai : « l’histoire est un théâtre où l’on joue toujours la même pièce ». Je ne sais plus s’il ajoutait qu’elle était mauvaise ou que c’étaient les acteurs qui l’étaient. En l’occurrence, c’est le cas pour les deux.
La ville que je préfère est sans aucun doute Séville. Pour y avoir vécu, pour l’avoir arpenté en large et en travers, pour l’avoir bu jusqu’au fond du ‘tubo’, pour l’avoir dégustée en tapas et en copas. C’est une ville riche de tout, de musique, d’architecture, d’histoire et avant tout de souvenirs et d’amitiés. Alors, c’est où chez moi ? Je n’aime pas la question. La réponse est là où son les gens que j’aime. Elle devient évidente lorsque je reviens à Paris, c’est là. Mais je dois être complètement schizophrène, parce que je suis chez moi à Santo Domingo, je suis chez moi à Paris, je suis chez moi à Séville… Je pense que si j’avais vécu à Vérone, Bruxelles ou Berlin j’y serais chez moi. Je suis chez moi avec moi. Alors, je m’aime ? Il faudrait que je reprenne au billet du 11 juin avec cette proposition, ça pourrait faire un développement intéressant.Chaque fois que je quitte une de ces villes, j’en suis malade. Vraiment malade.
L’avion du jour c’est Air France, le service est trois étages au dessus de Air Europa, cinq au dessus de Iberia. Le voyage est toujours aussi long. Ma voisine suédoise se murge gentillement au vin blanc fourni à discrétion. La cargaison de ce vol va, en grande majorité à Punta Cana. Une semaine dans un hôtel all inclusive. Ont-ils le même vin blanc là-bas ? Il faudra faire une cure de désintoxication après. C’est tellement éloigné de la réalité du pays. De toutes réalités. Pour être vraiment méchant, quand on attend l’avion à Santo Domingo, la population qui revient de Punta Cana me fait dire que le thon rouge n’est pas une espèce en voie de disparition. L’aller Santo Domingo Paris, je l’ai fait à coté du membre d’une OMG d’Haïti. Il avait aussi besoin d’une cure de désintoxication. Une semaine à Punta Cana peut-être ?
Quand on arrive à la verticale de la mer des Caraïbes, on voit très nettement la différence avec l’Atlantique. Le turquoise fait presque mal aux yeux tellement il est surréaliste.
A demain peut-être…

jeudi 12 juin 2008

Le train du progrès


Fraîchement élu, le président dominicain est allé faire un tour d’une semaine en Europe pour participer au sommet de la FAO et pour visiter l’Espagne. Il est revenu convaincu de l’utilité de la seconde ligne de métro dans la capitale, de la ligne de train entre Santo Domingo et Santiago et de la transformation d’une bonne partie de la culture de canne à sucre en éthanol pour l’automobile. Je ne dirais jamais bio carburant, surtout tant que l’on ne cultivera pas les produits qui servent à son élaboration selon les normes bios. Faire de l’agriculture intensive pour faire fonctionner des véhicules à combustion, voilà une arnaque écologique sans nom. CO² mon amour.
En parallèle, la météorologie dominicaine confirme ce matin une saison cyclonique très active. On en prévoit une petite quinzaine cette saison. Pour référence, la saison dernière, cinq cyclones ont touché de loin la république dominicaine. Le dernier ayant tué une soixantaine de personnes. Imaginons une ligne de métro souterraine avec les pluies diluviennes qui laissent déjà 40cm d’eau dans les rues. Intéressant non ?
Comme le dit Leonel, les choix politiques sont difficiles et la direction d’un pays n’est pas forcément une sinécure. Mais dans la hiérarchie des problèmes, la survie de la population devrait être une priorité dans une démocratie, l’exemple Birman nous a montré que dans une dictature, ça ne l’était pas. Sans revenir à la définition de démocratie et dictature, Karl Popper en a une excellente, la République Dominicaine serait donc à la frontière. Infrastructure en lieu et place de soutien à la population, c’est un discours que le FMI a déjà placé en Afrique avec des résultats probants… pour les dirigeants.
Dans le même état d’esprit, j’ai reçu un mail intéressant appelant à la grève générale lundi prochain. La raison est simple, le prix de l’essence augmente, il faut que les impôts et taxes baissent. Où est le rapport avec la première partie de ton billet, auteur louvoyant ?
La construction d’infrastructure est un choix politique à long terme. C’est un choix de répartition des richesses perçues par l’état, donc par la communauté. Ces dépenses peuvent être délibérément orientées vers un soutien logistique aux entreprises, consistant en un soutien au second ordre à la population : infrastructure routière ou ferroviaire, baisse des taxes, subvention à l’implantation de nouvelles activités, ou un soutien direct aux populations : mise à niveau de salubrité d’une zone, approvisionnement en eau potable, infrastructure de santé, d'éducation. Quand un pays à les moyens, et il y en a qui ont les moyens comme les pays de l’union Européenne, il peut se permettre de poser le curseur à un endroit et de le déplacer au grés des alternances politiques. Quand un pays n’a pas les moyens, et la République Dominicaine n’a pas les moyens, il se devrait de poser le curseur du coté du soutien au premier ordre de sa population avant de s’acheter des jouets.
La grève pour la baisse des taxes est une ânerie, plus les produits pétroliers seront chers, plus les entrées d’argent liées au taxes seront importantes et par conséquent la communauté en profitera et plus nous seront poussé faire des économies d’énergie, à chercher des alternatives. Je ne ferais donc pas grève lundi, de toute manière, je suis en congé.
Dimanche, en rentrant de la plage, je suis passé par China Town de Santo Domingo (oui, oui, il y a un China Town qui fait la fierté de cette métropole désormais au niveau de Los Angeles) juste après les coups de feu. Un homme gisait à terre et la police est arrivée très vite. C’est la première et j’espère dernière fois que j’assiste à ça. D’après le journal de ce matin, il se vend 50 000 armes à feu par an dans ce pays.
A demain peut-être…

mercredi 11 juin 2008

Perdu


La sélection dominicaine perd son seul match international de la saison 14 à 7 contre le club guadeloupéen le CRUB. Aucun blessé, sauf dans l’amour propre. La partie fut brouillonne, l’arbitrage aussi.
La première mi-temps démarre par une nette domination territoriale des guadeloupéens. La résistance des locaux ne durera qu’un dizaine de minute, le temps pour leurs adversaires de lancer une attaque en première main au sortir d’un regroupement. Le surnombre est créé, l’ailier va aplatir à droite des poteaux. L’ouvreur invité transforme et les compteurs affichent 7 à 0. Devant la copie brouillonne des dominicains, les pénalités pleuvent. Malgré tout, le quart d’heure suivant voit les dominicains imposer leur physique à quelques mètres de la ligne guadeloupéenne sans concrétiser. La première mi-temps s’achève sur un 10-0 en faveur des antillais.
Le début de la seconde mi-temps annonce la révolte des caraïbes avec un superbe essai en contre. Les jambes antillaises commencent à ressentir les effets de la chaleur moite qui règne sur Saint Domingue. Le score passe à 10-7 suite à la transformation. Une pénalité permet cependant aux invités de s’éloigner au score pour passer à 13-7. La fin de la partie sera aussi brouillonne que le début, les qualités physique des hôtes neutralisant les qualités de jeu des invités. Un essai refusé aux dominicains fera monter la pression sans changer le cours du match qui se terminera sur ce score.
Pour nous consolé, un couché de soleil sur Bayhaibe.
A demain peut-être...

dimanche 1 juin 2008

Sous la pluie

Ca y est, la saison des cyclones a officiellement débuté avec Alma petite tempête tropicale qui pour l'instant embête le Yucatan (Mexique). Il n'est reste pas moins vrai qu'ici, à un bon millier de kilomètre du centre de la dépression, il est tombé des seaux d'eau, de la pluie de mousson avec des gouttes énormes qui tombent sans arrêt pendant plus de quatre heures. Je ne pense pas qu'il existe un système d'évacuation d'eau de pluie capable d'absorber pareil déluge. Les rues de Santo Domingo se sont transformées en ruisseau ou en rivière suivant leur situation. C'est là que l'on s'aperçoit de l'intérêt du 4x4 dans la ville.
La difficulté est accrue par l'absence de visibilité de la surface de la voirie. En effet, celle-ci ressemble plus à la pointe du Hoc le 7 juin 1944 qu'à l'autoroute de Normandie le lendemain de son inauguration : les ornières profondes et larges, les plaques d'égout qui n'ont pas été replacées après la dernière intervention, etc.. Donc, avec 10 cm d'eau sur la route, plus moyen d'apercevoir et d'éviter les pièges. Tout le monde roule à 10km/h en ne faisant attention à rien, ni aux autres véhicules, ni aux piétons. C'est sport.
Quand la pluie s'arrête, il ne reste que l'humidité et la chaleur. Il fait 32°C avec un taux d'humidité de 99%. Le hammam est plus confortable car on y est presque nu. Dehors, les vêtements collent à la peau, les cheveux dégoulines, c'est désagréable. Et faire du sport d'extérieur dans ces conditions relève du masochisme pur.
A demain peut-être...

jeudi 22 mai 2008

En mai, fait ce qu’il te plait


Les rues de Santo Domingo ne sont pas forcément sures. J’en ai croisé un exemple hier. Un automobiliste téléphonait au volant de son 4x4 toutes fenêtres ouvertes dans les embouteillages. Un motocycliste s’arrête à sa hauteur, lui chipe le téléphone et fiche le camp. L’automobiliste sort de sa voiture un pistolet à la main et… heureusement pour tout le monde, le motocycliste avait pu fuir.

On peut tirer plusieurs conclusions. La première confirme qu’il est dangereux de téléphoner au volant sans kit main libre mais pas forcément pour le conducteur ou ces voisins directs. Si le motocycliste avait été à porté de feu, le brave conducteur aurait joyeusement vidé son chargeur dans la rue. La deuxième, c’est qu’à Santo Domingo, personne n’hésitera à abattre un voleur de téléphone mobile s’il est à portée de tir. Ça fait réfléchir non ?

Le responsable de la sécurité de la société pour laquelle je travail ici envoie à tous les nouveaux arrivant un document intéressant. Seraient-ce les consignes de sécurité pour la visite de Georges Bush à Téhéran ? La visite du Pape en Irak ? La sortie de prison de Dutroux à Bruxelles ? Pas du tout, ce sont les recommandations pour se promener sur les trottoirs de la capitale de la République Dominicaine. De la zone de sécurité qui doit être de vingt mètres autour du promeneur à la position de la voiture dans les embouteillages, tout y passe sur la trentaine de pages. Mais il n’est jamais décrit comment se comporter quand un dominicain qui vient de se faire voler quelque chose ouvre le feu. Moi je sais: se coucher à plat ventre et mettre les mains sur la tête en attendant la fin des hostilités. Je rigole, enfin pas trop quand même.

A dimanche, peut-être, c'est loin les Antilles néerlandaises.

A ce sujet, la photo n'a pas été prise à Amsterdam mais dans l'aéroport de Curaçao. Le duty free de fromage !

mercredi 14 mai 2008

Hôpital privé… pas de tout


Un bon séjour à l’étranger ne peut se concevoir sans une visite à l’hôpital local. Alors voilà pour les traumats, on a le choix entre le sport et l’accident de voiture. Samedi, c’était au sport, malgré la conduite locale dont j’ai déjà écrit tout le bien… Un bon gros coup mal placé qui empêche de déglutir trois jours plus tard, il faut vaguement s’en inquiéter. Direction le toubib de l’ambassade. Charmante doctoresse qui m’envoie illico chez les échographes et radiologues locaux. Coût de l’opération : un quart du salaire minimum dominicain. Après deux heures d’attente dans une salle climatisée, un échographe dominicain me rassure sur l’état des cartilages et des os en me demandant de prendre un peu plus soin des muscles, ce sont eux qui se plaignent. Coût de l’opération : un cinquième du salaire minimum dominicain. Donc, pour un peu moins de la moitié du salaire minimum dominicain, soit à peu près un dixième de RMI, j’ai été diagnostiqué et on m’a vendu les antalgiques qui convenait, pas un de plus, pas un de moins, tout ça dans une humeur aimable et visiblement compétente. Enfin, pour la compétence, il faudra attendre une petite semaine, voir si je suis encore en vie.

Pour en revenir à la République Dominicaine, les médecins étaient en grève il y a une quinzaine. Ils réclamaient une augmentation de salaire. Et quand ils sont en grève, ils ne rigolent pas : tout était fermé, même les urgences. Au bout du compte, ils n’ont rien obtenu.

Je n’écrirais rien ici de l’hôpital privé d’Antony car ils ont remis l’épaule de ‘La Taupe’ mais pour le reste… « Quand on sait ce qu’on sait, qu’on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, et ben on fait bien de penser ce qu’on pense et d’pas l’dire ! » (Les vamps).

A demain…


mercredi 26 mars 2008

La semaine sainte est finie


La semaine sainte est finie, les habitant de Santo Domingo sont presque tous rentres de vacances. Le responsable de la sécurité routière n'a pas atteint son objectif. Il avait pourtant dit qu’il n’y aurait pas un seul accident cette semaine là. Pas un seul !
Vingt sept morts recensés et plus de deux cents blessés. Ceux-là ne sont pas rentrés de vacances.
Ces chiffres et cette déclaration donnent une bonne idée de la gestion locale. On peut raisonnablement se poser la question de la crédulité des dominicains. Soit ils se fichent complètement de ce que disent leurs dirigeants, soit ils ont une capacité à avaler des couleuvres qui dépasse l’imagination. Ce doit être un subtil mélange des deux. La portion éduquée des dominicains pense que le meilleur gouvernement est celui qui se sert le moins dans les caisses de l’état. L’autre, s’en fiche et demande de quoi manger, quitte à absorber des annonces comme celle là.
J’avais trouve la campagne présidentielle française d’une pauvreté affligent, la campagne présidentielle dominicaine est pire. Ici, ce ne sont pas les journaux d’opinions, ni les journaux people qui font vivre la réflexion ou l’image des candidats. Ce sont les stations de télévision et de radio avec des clips de merengue. De toute évidence, Leonel Fernandez a le meilleur. Nous avions amorcé cette évolution avec quelques chansons édifiantes sur notre leader maximo. La jeunesse des auteurs n’excuse en rien leurs bêtises. On dit que vieillir c’est retomber en enfance, nous vivons une bien vieille démocratie.
La photo représente une rue de la cite coloniale. Rien à voir avec le texte.

dimanche 9 mars 2008

Le dimanche à Santo Domingo


Le dimanche, à Santo Domingo, il n'y a rien à faire. Mais rien de rien. Surtout quand il pleut comme aujourd'hui. Je sais, la photo elle ne montre pas qu'il pleut, mais comme c'est moi qui fait le Blog, je montre ce que je veux. Les dominicains fuient la ville pour aller à la plage. C'est le seul truc qui soit intéressant, avec le cinéma. Les rues sont vides et c'est agréable, pas de klaxon, beaucoup moins de bruit qu'en semaine. Mais pour trouver à manger c'est galère. Il y a bien un Carrefour. Si si, comme en France, tout pareil avec les vêtements Tex fabriqués en Chine, les caissières habillées pareil, le parking plein et les agents de sécurité. C'est un beau modèle d'exportation de savoir faire. Moi, personnellement, je vais au Colemado prendre un sandwich et j'attrape un vendeur de fruit et légumes sur son triporteur pour lui acheter les vitamines du jour. A demain...

vendredi 7 mars 2008

Premier jour



















Arriver à Santo Domingo, de prime abord, c'est désagréable. La ville ne semble pas avoir d'âme, pas de centre au sens européen, il y a des détritus partout, la conduite automobile est un véritable cauchemar. C'est un mélange étonnant de constructions flambant neuf, de baraques de tôle, de Porsches dernier modèle et d'épaves à peine roulantes.
Ça m'a beaucoup fait pensé à Pretoria sans les barbelés autour des maisons. Les mêmes voitures japonaises omniprésentes, les mêmes laveurs de vitre au feux rouges, les mêmes gardes avec fusil à chaque banque, chaque immeuble.

A vivre, c'est très différent. On découvre petit à petit que cette ville possède quelque chose. Un quelque chose d'indolent, un mélange d'Amérique Latine et d'antillais. Derrière les murs, il y a des maisons, dans les maisons des gens...