En direct de là où je suis. Un jour, une photo depuis mon retour de Santo Domingo

mercredi 9 juillet 2008

Ca prend l'eau


Aujourd’hui, il pleut. Encore une bonne pluie tropicale avec des nuages qui lancent des sceaux d’eau pendant que d’autres arrosent à la lance à incendie.

Les statistiques du jour donnent 32 à 8. Trente deux, c'est le nombre de victimes d’homicide à Santo Domingo pendant la dernière quinzaine, huit, c’est le nombre de policiers tués pendant la même période. On ne s’ennuie pas en Rép Dom. Une amie a conseillé, plutôt ordonné à ces enfants de ne pas s’attacher en voiture et de se jeter au sol dés son ordre.

A demain peut-être…

mardi 8 juillet 2008

Bertha


Il me semble que nous allons rater le premier ouragan de la saison. Vous n’aurez donc pas de reportage en direct sous la tempête. En effet, Bertha se dirige au nord. Heureusement pour la République Dominicaine. Il est impressionnant de voir la photo satellite. La tempête fait deux ou trois fois la surface de l’île. C’est plutôt bien de savoir que les toits de tôles ondulés ne craignent rien pour l’instant.

Ce jour, dans le monde, il y a un article intéressant, signé par des cinéastes estimables, sur la riposte graduée proposée par notre leader maximo. Loi qui a été pour lui, disons-le pour la petite histoire, l’occasion de rencontrer son actuelle femme. Que la sauvegarde d’un business model éculé soit l’occasion pour quelqu’un comme Costa Gavras d’affirmer qu’une loi qui permet l’analyse systématique du contenu des échanges entre internautes n’est liberticide me laisse sur le cul. J’avais bien regardé Z, ‘L’aveu’, et dernièrement ‘Amen’, je n’y avais pas trouvé ce type de combat. La construction même de la proposition de loi est tout à fait éloquente, prenons des constructeurs automobiles, des fabricants de pneumatiques, des pétroliers, des pilotes automobiles professionnels et demandons leur de nous faire des propositions sur l’environnement. Pendant ce temps, la mer monte…

Ici, nous sommes loin de la proposition de loi Olivienne, du Grenelle de l’environnement et de toutes ces préoccupations au demeurant fortes importantes. Les CD et les DVD se piratent et s’achètent dans la rue pour la modique somme de 90 pesos. Les voitures consomment des hectolitres d’essence, c’est normal, celle-ci est deux fois moins cher qu’en Europe. Pour exemple, une publicité pour un 4x4 Allemand met en avant une faible consommation de 17 litres au 100km. Seul point positif, personne n’a besoin de chauffage, mais comme tout le monde à la climatisation, ça doit compenser un peu.

A demain peut-être…

lundi 7 juillet 2008

Cabarete-Neuilly sur Seine


Week-end de Kite surf à Cabarete, du vent, de la fête sur la plage, ce serait presque un bonheur. S’il n’y avait eu ce léger décalage.

J’écris ce post en trois parties. Trois histoires différentes qui ne se rejoignent au bout. Les noms sont exacts sauf le dernier. Les faits sont exacts pour les trois.

Josefine est haïtienne, elle vit à Cabarete avec son mari. Ils ont moins de trente ans. Elle travaille comme muchacha chez un canadien qui vit dans une grande villa du coté de Sosua. Muchacha, c’est femme de ménage. Elle y travaille toute la semaine, samedi compris de 7h à 17h et le dimanche de 12h à 17h. Elle est payée 10 000 Pesos dominicains par mois (200 Euros), n’est pas nourrie par ces patrons, n’a pas d’assurance sociale. Si elle est malade, elle ne gagne rien. Samedi matin, avec Manu, son mari, nous sommes allé lui apporté son repas. Lui, il fait ‘motoconcho’ à Cabarete, ce sont des mototaxis. Il gagne entre 15 et 50 pesos par course. Je ne m’imagine pas ce que ça représente par mois. Ils ne savent ni lire ni écrire, ils gagnent juste de quoi se payer le loyer de la ‘maison’ au toit de tôle ondulée dans les ‘favela’ derrière Cabarete, manger et payer les transports. Pas un extra, pas de radio ni de télévision, Bachata et Merengue comme loisirs le soir en gardant le fils de la voisine pour 100 pesos pour la nuit en plus de leur fils qui a à peine un an.
Christine débute comme assistante sociale à Neuilly sur Seine. Elle gagne le SMIC plus 30%. Dans son secteur, elle traite des dossiers de familles haïtiennes émigrées clandestinement. Quand elle les reçoit, elle ne comprend pas du tout ce qui les motive à venir en France, sans but précis, sans projet, en parlant à peine la langue. Elle pense qu’ils ont un petit pois dans la tête, qu’il faut qu’ils retournent chez eux.
Etienne est ouvrier spécialisé chez un grand constructeur automobile. Il gagne deux fois le SMIC, il a passé la cinquantaine et a une famille. Il a frappé son supérieur hiérarchique car il était un peu éméché lors d’une discussion sur son travail. De toute manière, il ne veut plus travailler. Il va être renvoyé pour faute grave. Les syndicats ont déclenché une grève car ils trouvent cela profondément injuste.
A demain peut-être…

vendredi 4 juillet 2008

God Bless America


Hier soir, c’était soirée merengue au Coyote Club sur Paseo de los Locutores. C’est une boîte de nuit au décor Western qui passe de la musique des caraïbes. Le mélange des genres ne fait peur à personne. Mais le jeudi soir, il n’y a pas grand monde et après trois jours de sorties… En fait, on se sent vraiment mieux le lendemain d’un jogging et d’une bière que le lendemain de douze bières. Les gens semblent plus aimables, la musique coule doucement dans les oreilles, on peut se passer de Danko Jones pour se réveiller, Turin Brakes suffit. Et puis, je dois avoir une meilleure tête car mes collègues de bureau me disent bonjour. C’est meilleur pour le moral.


Aujourd’hui, chantons l’hymne américain car c’est la fête de l’indépendance. Comme le 27 février ici, en République Dominicaine. Il faut toujours des symboles pour unifier un pays, des boucs émissaires, des héros. Les plus vernis dans le rôle du bouc émissaire étant ceux qui ont eu le plus grand empire colonial… Et en plus, ils jouent au pied.


Je passe souvent devant les diverses ambassades de Santo Domingo. D’aucune reflète étonnamment l’image du pays qu’elle représente. L’ambassade de France est un superbe bâtiment ancien dans la cité coloniale, en face d’un excellent restaurant. Le choix ne semble pas anodin même s’il s’agit de la maison du tristement célèbre Hernan Cortès, oui, celui qui massacra les civilisations sud-américaines. L’ambassade d’Israël est un véritable bunker dans la zone des universités. On la remarque à peine tellement le bâtiment est bas. Un garde surveille l’entrée mais vue la tête du bâtiment, on voit mal comment on y entrerait sans y avoir été invité. Le garde, quoique sérieusement armé, en est la moindre des défenses. Le toit est couvert d’antenne. L’ambassade des Etats-Unis est un grand bâtiment plat qui me fait invariablement penser à une préfecture française avec sa file d’étrangers qui attendent pour un visa, une carte de séjour ou un tampon sur un document. L’ambassade d’Espagne ressemble à un château (en Espagne) grandiose et vide. Je n’ai pas vu s’il y avait une relève de la garde à l’ambassade de Grande Bretagne.


Tenir un blog c’est jeter une bouteille à la mer chaque matin. Je ne sais pas quelles sont mes motivations : exhibitionnisme, trop plein d’énergie, frustration, colère... Chaque matin j’ai comme une envie de d’écrire quelque chose, d’essayer de vous faire voyager, de vous amuser ou de vous faire réagir. Les commentaires sont chaque fois un encouragement et à ce titre, je tiens à remercier particulièrement Starbeuk pour celui d’hier.


A demain peut-être…

jeudi 3 juillet 2008

Rien à voir


Aujourd’hui, un post énervé qui n’a rien à voir avec la République Dominicaine.

Les libérations d’otages sont des marronniers qui fleurissent de manière aléatoire. On peut reprendre les articles sur les otages du Liban, d’Irak (enfin ceux qui s’en sont sorti) ou je ne sais où, on retrouvera les mêmes célébrations avec les mêmes hommes politiques qui font les beaux. Je suis très heureux pour Ingrid. Je suis aussi très heureux que notre leader maximo ce soit cassé les dents sur le sujet, et rien que pour ça, ça valait le coup. C’est peut-être pour ça qu’il était si énervé chez France 3. Mais il va nous reprendre ça en main façon ORTF, mieux que son ami Silvio avec la RAI.

Bref, cette libération permet aussi à beaucoup de relancer le discourt sur le terrorisme et la menace globale. Un bon mensonge assené suffisamment souvent devient une vérité. Quand les B52 tournaient autour de la terre en permanence avec de quoi détruire plusieurs planètes comme la notre, n’était-ce pas la vrai menace globale ? Quand le dictateur, pardon, le premier ministre russe refait tourner autour de la terre ces bombardiers stratégiques, le risque n’est-il pas un peu plus important que des bombes artisanales dans n’importe quel métro de n’importe quelle métropole ? Quand notre leader maximo se propose de fourguer la technologie nucléaire à Kadhafi, ne nous prépare-t-il pas des lendemains vitrifiés ? Mais on accueil ces dictateurs dans toutes les démocraties. En tant que clients riches, ils sont beaucoup plus fréquentables que les petits artisans de la terreur.

Maintenant, qu’il n’y a plus que 400 otages chez les FARC dont plus un seul de connu, ils ne sont pas sortis de l’auberge.

A demain peut-être…

mercredi 2 juillet 2008

Whaou...


Je vous ai parlé de Manu, le sexe symbole du service finance. Il est venu en costume cravate aujourd’hui, provoquant un début d’émeute parmi la nombreuse gente féminine du dit service. On a presque été obligé d’appeler la sécurité. L’évènement a été fixé pour l’éternité par les appareils photos d’à peu près tout le monde. Il faut rappeler que la tenue de travail ici, c’est jean chemise et très rarement costar cravate.


Cela fait partie des us et coutumes locales. Par exemple, les anniversaires sont fêtés au bureau. L’employé qui aura vieilli d’un an verra son bureau décoré de ballons gonflables et de confettis. Chaque fois, je me dis qu’il faut beaucoup de rigueur dans ces célébrations, si quelqu’un est oublié, il va se sentir vraiment exclus.


Une autre coutume étrange : le baby shower. C’est une fête organisée pour les femmes enceintes sur le point de partir accouché. En fin de journée, une grosse pâtisserie dominicaine (Les pâtisseries dominicaine sont à peu près aussi appétissantes que les pâtisseries anglaises, Brrr) et des cadeaux. Tous ces petits évènements meubles la vie de l’open space. Management Mac Do.?


Les désordres dans l’hygiène de vie entrainent des désordres émotionnels. Hier, en lieu et place du jogging, c’était réunion jusqu’à 20h suivit d’apéritif dominicain à base de rhum avec régime dissocié pizza, sans glace. Rien que du bon, David Servan-Schreber condamnerait et il aurait raison. Aujourd’hui, la concentration est plus dure à trouver et surtout, le moindre dérangement la fait fuir à la vitesse de la lumière. Il faut trouver les ressources pour la maintenir en place. Les désordres émotionnels, c’est comme le Kite Surf, le Windsurf ou le rugby, se sont des sensations impressionnantes. Dire qu’il y en a qui se drogue pour ressentir ce genre d’effet.


A demain peut-être…

mardi 1 juillet 2008

Vacances et Salsa


Hier soir, c’était guet-apens au Madison Café. Après le jogging, je m’arrête pour une tartine et une Presidente. Il y a des soirs où on ne rencontre personne, d’autre où tout le monde est là, ou presque. C’était le cas hier soir. En lieu et place de la Presidente, c’était quelques verres d’Alfoz, une bonne salade, une crème brulée (un pur bonheur) et la promesse d’un autre week-end de Kite Surf à Cabarete. Le Kite Surf serait-il aussi une drogue dure ?
Manu, le sexe symbole du bureau, m’a passé hier une sélection de Salsa. Il y a quelques perles du Gran Combo de Puerto Rico et une reprise de ‘Je l’aime à mourir’ de Cabrel en Salsa Picante. Enorme.
Juillet, c’est les vacances. Enfin, quand j’étais petit, c’était le début des grandes vacances, des migrations touristiques en 404 ou en R16 vers l’Alsace, la Bretagne ou la Cote d’Azur… Ce n’était pas le bon vieux temps. Qui est retourné dans une R16 ou une 404 ? La moindre Skoda est infiniment plus luxueuse. Les voitures étaient inconfortables, les routes nulles, les voyages duraient des journées entières, il faisait chaud et on vomissait.
Ici, pas de vacances massives. La tendance, c’est l’américanisation. On bosse pour gagner de l’argent et l’argent devient l’objectif principal. On voudrait que les relations sociales tournent autour du travail et de la famille. Point. Mais nous sommes en République Dominicaine. Et ce n’est pas si simple. Les dominicains salariés ont 3 semaines de congés par an. Ils prennent les français pour des glandeurs finis, des gringos qui ont du fric et du temps. Je passe mon temps à expliquer qu’il y a une vie après le travail, que les amis, la famille, les loisirs ont une importance vitale pour l’équilibre personnel, que ce n’est pas parce que tu travailles moins que tu gagnes moins. Enfin ce n’est pas si simple non plus, mais il existe des stratégies pour faire en sorte de gagner suffisamment pour vivre confortablement sans se mettre en terre pour son boulot. J’entends les esprits chagrins gronder qu’il faut bosser pour s’en sortir… C’est l’apanage des travaillomans. Il en faut.
Le travail dur est contraire à l’intelligence humaine. Homo sapiens sapiens a inventé des outils pour se passer des tâches pénibles ou pour réaliser des opérations impossibles sans. Il est parfois valorisant de faire des travaux durs, on prend une bonne fatigue, ça fait team building, ça peut même permettre de réaliser des projets dont on pourrait être fier. Un éthologue connu (Boris Cyrulnik) donne comme mesure de l’intelligence du scarabée, le nombre d’essais qu’il tente pour passer un obstacle insurmontable avant d’en faire le tour. Notre intelligence devrait nous permettre de faire le tour des travaux pénibles, voir des travaux tout cours, plutôt que de les aborder crânement de front. Parfois, mes congénères sont aussi stupides que le plus stupide des scarabées.
A demain peut-être…